Station de Recherche Pluridisciplinaire des Metz

Balade "Comprendre ce que je vois"

Autour du Buisson-Saint-Vrin : le flottage du bois
mardi 3 octobre 2017 par SRPM

Le 20 juillet 2017 a eu lieu la randonnée commentée autour du Buisson-Saint-Vrin et le flottage du bois, organisée par l’Office du Tourisme et animée par Alice de Vinck, botaniste et historienne membre de la SRPM.

Contexte :

• Pendant des centaines d’années du minerai de fer a été extrait et fondu dans des bas-fourneau - ce qui explique les amas considérables qui peuvent aller jusqu’à 10 mètres de haut - qu’on trouve dans les bois de Villiers et de Tannerre. C’est l’Age du fer (outils, armes)

• Géologie : le Buisson-Saint-Vrin se situe en limite de Puisaye et bientôt dans la Champagne Aillantaise à sous-sol crayeux (cénomanien).

• Paysage : la forêt est là, avec des clairières correspondant à des coupes, des extractions de « minerai », des constructions de bas-fourneaux, des meules à charbon de bois pour alimenter les bas-fourneaux. Cette activité va durer des siècles -Gaulois, Gallo-romains, Haut Moyen-Âge- et laissera les amas de scories, lourdes, encore riches en fer au point d’être ré exploités au début du 20ème siècle.

Le flottage :
• 18ème et 19ème siècle : vers 1720, a lieu la mise en route du flottage sur le Vrin. La Puisaye est une terre de bois, de forêt, de rivières, d’étangs... Le ru Saint-Vrin prend sa source à la fontaine dite de Saint-Vrain. Il était dit flottable à partir de l’étang de Fourolles (sur l’actuelle commune de Merry la Vallée) et servait à l’exploitation des bois depuis Villiers St Benoît par Sommecaise, Les Ormes, la Ferté Loupière jusqu’à Cézy.
A la fin du Moyen-Age, Paris se développe rapidement et gagne de nombreux habitants. La capitale, occupée par 300 000 personnes au début du 16ème siècle compte pas moins d’un million d’habitants au 19ème siècle. Le bois est alors le combustible le plus utilisé aussi bien pour les activités domestiques qu’artisanales et pré-industrielles.

La Puisaye contribue à l’approvisionnement en bois de la capitale, notamment en période de crise, comme avec la crise révolutionnaire.
Compte-tenu de son faible débit, le ru de Saint-Vrin devait être alimenté par un lâcher d’eau issu des étangs.
A la mi-novembre, on pratiquait le "petit flot". Les vannes des étangs étaient ouvertes pour renforcer le faible débit du cours d’eau. Le bois y était jeté à "bûches perdues", c’est-à-dire sans aucun assemblage. Il arrivait dans un port en aval où il était trié, entassé pour être remis à l’eau quelques mois plus tard. En mars s’effectuait le "grand flot" avec un lâcher des eaux retenues dans les étangs pour créer une crue artificielle. Il rejoignait alors le port de Cézy pour être à nouveau trié avant de pouvoir former les trains qui flotteront dans l’Yonne jusqu’à Paris.

C’est à un marchand de bois, le sieur Rogueux, auquel revient l’initiative de la mise en œuvre du flottage en 1727. Le cours est déjà assez rectiligne, néanmoins il faudra l’élargir, le creuser, supprimer sans doute quelques méandres, établir des vannes du côté des petits affluents ainsi qu’aux étangs en amont (à Merry-la-Vallée).

Les hommes sont répartis le long du Vrin munis d’un long croc à 2 pointes, une droite, l’autre courbe qui leur sert à faire avancer les bûches.

Les hommes sont embauchés pour le flottage et sont répartis le long du Vrin jusqu’à Cézy. Pour le ru du Bourdon jusqu’à Rogny on emploie une centaine d’hommes ; cela suppose que les berges sont dégagées de toute végétation ou tout au moins de nombreux accès pour débusquer les bûches arrêtées. Le flottage est un travail harassant, les hommes démarrent tôt le matin et vont travailler tant qu’il fait clair. Le poids d’une bûche de 58 cm (sur 19 cm de Ø) pèse presque 6 kg.
Les marchands ne font pas de cadeaux comme le montre l’exemple de bûches volées qui donne lieu à un procès et à en envoi en prison d’une famille à Joigny.

Bibliographie :
Carte géolog. Carte au 1/25 000e
Deux articles de André Bourgeois dans les bulletins du Vieux Toucy
Notes prises auprès de M. Coudray, ADY, cadastre napoléonien.
La vallée d’Aillant en 5 tomes ; Philippe Noirot (consultable à la BM d’Auxerre)


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